Camera Obscura
II Sur un air de Brassens …
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Copyright Morphonaute 2021
Numéro 19 décembre 2021
Paimpaul. Rue Georges Brassens -
Il est étonnant de constater comment l’anticlérical viscéral qu’était tonton Georges ait pu chanter « La messe au pendu » pamphlet contre la peine de mort réhabilitant l’église. De même, comment un obscur illustrateur belge, à l’origine,au service d’une presse catholique d’extrême droite prônant l’exclusion ait pu se faire l’un ardent défenseur des droits de l’homme dans sa dernière œuvre achevée (Tintin et les Picaros). Son long voyage sur quatre continents en compagnie de son héros avait fini par modifier son regard sur le monde. Tintin avait su se détacher d’une conception ethnocentrique du monde et, d’album en album, on peut suivre la quête intérieure de ce héros qui se réalise au contact des autres, de l’Autre. L’un et l’autre, Brassens et Hergé aurait pu servir de modèle à cet écrivain du « Maître de Ballantrae » R.L. Stevenson, centré sur la dualité de l’Homme …
« Pourquoi philosopher alors qu’on peut chanter…»
Georges Brassens
Les bijoux de la Castafiore -
C’est un peu par hasard que me vint l’idée en 2012 de rapprocher une vision photographique avec la matière des chansons de Brassens qui me trottaient dans la tête depuis ma prime jeunesse. Quoi de plus graphique que ce début des « Copains d’abord », un des plus grands succès du chanteur : « Non, ce n'était pas le radeau / De la Méduse, ce bateau, / Qu'on se le dise au fond des ports, / Dise au fond des ports […] ». Une chanson qui parle de bateaux, de ports et de copains, rien de surprenant pour ce natif de Sète – en 1921 – qui choisit de poser ses valises à Lézardrieux, tout près de Paimpol, au début des années 1970, jusqu’à sa mort en 1981. » (extrait du « Murmure de l’Atlantique n°8). Parcourant le sentier des douaniers en France, je découvrais que, bien souvent, lorsque je cheminais, le monde un peu théâtral du chanteur surgissait, sans prévenir, au coin d’une rue. Et tout d’un coup je me retrouvais face à un petit café baptisé : « Les copains d’abord »…
« … À Paimpol, Georges Brassens fréquentait le bar de l’Univers, chez Bébert Le Guen. Situé à l’angle de la place du Martray et de l’actuelle rue… Georges-
Un ouvrage vient de sortir, « Brassens et Tintin » de Renaud Nattiez qui tente d’établir un parallèle entre l’oeuvre musicale de Brassens et celle toute picturale d’Hergé. Quel coïncidence ! Il était certain que leurs deux univers avaient largement contribué à façonner le mien et je leur en resterais éternellement reconnaissant. Conscient de cet héritage, entre 2015 et 2016, je m’attachai à étudier d’avantage les musiques et les textes de Brassens et leur incidence sur certaines photos que j’avais bien pu prendre et qu’il me plaisait alors de relire sous cet angle. En ce qui concerne Hergé, pas une seule seconde je n’avais douté que l’album « Tintin au Tibet » était à l’origine de ma passion pour l’Himalaya et, entant que maître d’école, je m’étais toujours efforcé des faire de mes élèves de parfaits tintinophiles Quant à Brassens, s’il n’incitait pas particulièrement aux voyages lointains, son profond humanisme avait été la base de beaucoup de fructueuses rencontres dans toutes mes pérégrinations en ce vaste monde. C’est ainsi que les deux auteurs avaient toujours occupé une place de choix dans ma « biblio-
Brassens aurait eu 100 ans cette année. Hergé en aurait eu 114. Jamais peut-
Existerait-
1. La guerre
2. L’amitié
3. La mort
4. Une peinture de mœurs
5. Les amours
6. La Licence
7. L’exil
8. La nostalgie
9. La tendresse
10. Les poètes choisis
11. La religion
12. Les Regrets
13. Pornographie, politique et ritournelles
14. Chronologie de quelques chansons
140 photos pour 140 chansons